Ondine Khayat
Psychopraticienne Certifiée - Romancière
à Paris 16, proche 17ème et 8ème

Psychothérapie - Ecoute - Relation d’aide - Soutien psychologique

Je t’aime mais je te hais

Il nous arrive de ressentir pour nos proches ou moins proches, des sentiments contradictoires. Une sorte d’amour/haine que nous ne comprenons pas et qui nous semble « anormal ». Ce paradoxe, enkysté dans nos coeurs, est douloureux et rend difficile tout à la fois l’expression de l’amour et celle de la colère ou de la haine. Si j’aime, comment puis-je haïr, et vice-versa ?

La question de ce que je ressens vraiment se pose alors, et la réponse ne vient pas naturellement. C’est comme si ces deux émotions s’annulaient tout en s’alliant l’une avec l’autre pour nous rendre impuissants. Nous sentons que quelque chose en nous est figé.

Le piège de la contradiction

Nous restons pris au piège de ces deux émotions parce que nous les éprouvons comme une contradiction. Ça nous paralyse et empêche tout mouvement intérieur susceptible d’apporter un soulagement. La honte peut également s’en mêler. Nous pouvons en effet avoir honte de ressentir la haine, de la colère ou de la rage, des sentiments jugés comme « négatifs et inadéquats ». Pour autant, nous les ressentons. J’aime mon frère mais je le déteste, j’aime mon ex-conjoint mais je le hais etc. Pris dans cette ambivalence, nous ne pouvons donc ni nous dégager de ces relations, ni les accepter et nous demeurons dans une sorte de no man’s land relationnel.

Le paradoxe libérateur

Nous voici donc pris au piège d’un insoutenable paradoxe qui nous paralyse. Cette impossibilité de mouvement fait naître en nous une insoutenable angoisse et nous restons bloqués. Or c’est justement parce que nous éprouvons l’amour et la haine comme des émotions contradictoires que nous sommes pris au piège. Le jugement que nous portons sur ce que nous éprouvons ne nous permet pas de l’accueillir. Dans mon cabinet, j’entend souvent « je ressens de la haine, mais je ne devrais pas », « je suis en colère, mais il ne faut pas », « je l’aime, mais je lui en veux ».

Le psychologue Carl Rogers, fondateur de l’Approche Centrée sur la Personne, a constamment recherché les éléments qui aident à la croissance au cours de la relation thérapeutique. Sa croyance dans la tendance des êtres humains à se réaliser eux-mêmes et sa compréhension de la nature de la relation thérapeutique ont fondé son approche. En tant que Psychopraticienne Centrée sur la Personne, je tente sans cesse d’offrir à celles et ceux qui viennent me consulter l’acceptation inconditionnelle, l’empathie et l’authenticité définies par Rogers, afin de leur permettre d’accueillir ce qui se passe en eux. Dans ces émotions amour/haine, si souvent vécues comme contradictoires et insolubles, je peux mesurer à quel point leur donner une place et les accepter l’une et l’autre permet de se sentir libérer de cette contradiction. 

 

"Tout être est une île, au sens le plus réel du mot, et il ne peut construire des ponts pour communiquer avec d'autres îles que s'il est prêt à être lui-même et s'il lui est permis de l'être." Carl Rogers


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